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La science, nous dit Aristote, commence par l’étonnement et l’existentialisme, pourrait-on dire commence par l’étonnement d’exister1. Sachant que la philosophie est née par l’émerveillement, l’administration et l’étonnement, elle est aussi le domaine du questionnement et d’interrogations. La question de l’existence n’a pas été épargnée de ces interrogations et reste au cœur de la philosophie.
Le concept existence est souvent utilisé comme synonyme de la vie. Etymologiquement «existence» vient du latin « existere » qui signifie sortir de, naître. Henri collin stipule que l’existence souvent désignée par «esse» est ce par quoi un être existe, c’est-à-dire se trouve placé hors de ses causes et du néant2. Cela signifie que « existence» aura le sens d’avoir accès à l’être du réel en vertu de l’efficacité d’une cause efficiente. Par conséquent, un être est dit en acte lorsqu’il déploie effectivement ce en puissance de quoi il est, en d’autres termes, s’il accomplit sa propre perfection ou détermination par rapport à ce qu’il est en puissance3. C’est pourquoi deux approches philosophiques sont mises en jeu pour mener une réflexion philosophique sur l’existence humaine :
Une approche existentialiste
Par cette approche, la philosophie étudie l’homme dans sa dimension existentielle i.e. l’homme soumis à la condition humaine dont les caractéristique principales sont : la contingence, la possibilité, le devenir, le changement etc. J. Paul Sartre définit la condition humaine comme l’ensemble des limites a priori qui esquisse la situation fondamentale de l’homme dans l’univers,
l’être au monde, le travail, être au milieu des autres et la mort4. L’homme est donc un être-en-situation. Même s’il en est ainsi, l’homme est le seul étant contingent à avoir une primauté et une perfection plus grande sur le plan ontologique. Il est un microcosme de la nature qui ne peut pas être réduit en des simples données empiriques de la nature parce qu’il est une union substantielle de corps et de l’âme.
Une approche transcendantale.
Dans sa dimension métaphysique, la réflexion sur l’homme est rendue par une approche transcendantale. L’adjectif « transcendantal » désigne en effet, le caractère de ce qui est d’une nature supérieure et séparée du sensible. L’approche transcendantale est d’autant mieux pour parvenir à l’explication rationnelle de l’existence car admettre une transcendance, c’est tout simplement refuser l’absurde. Le transcendant n’est point celui qui boucle le savoir et en fait une totalité, mais ce qui ouvre à une option de savoir et rend à la fois nécessaire et obligatoire la croyance5. L’homme, par ses facultés spirituelles, est capable de Dieu. Il dépasse l’absurdité et s’ouvre aux réalités suprasensibles qui transcendent les données empiriques.
Somme toute, même si l’homme est un être composé, corruptible, possible, soumis aux conditions de finitude ; il est aussi l’être le plus parfait de l’univers et sa perfection émane d’un être suprême dont la perfection est son être même. La cause principale de cette existence parfaite est Dieu lui-même, une cause efficiente et un acte pur. L’être humain est ontologiquement sacré. Il est un être à la fois phénomène et noumène, mortel et immortel, citoyen de deux mondes, ayant une âme incorruptible, union du fini et de l’infini, un être hors pair dans cet univers. Bref, un être énigma
