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Le progrès scientifique et technique marque notre ère. Nous sommes dans une mouvance où la technologie de l’information et de communication (TIC) tend à maîtriser le monde. Celle-ci, bien qu’elle soit un moyen efficace du développement dans les différents domaines de la vie, requiert une certaine responsabilité dans son usage. Elle doit faire appel au respect de la morale de la communication et de la dignité de la personne humaine. Hélas, le développement numérique a profondément transformé les rapports sociaux, économiques, politiques et culturels. Faisons un petit tour de la question.
Le besoin de l’information
Le concile Vatican II stipule qu’avec le progrès de la société moderne et les liens d’interdépendance de plus en plus étroits entre ses membres, l’information s’avère hautement nécessaire. Et même la plupart du temps, c’est une évidence[1]. Nombreux sont les avantages procurés par les moyens de communication. « L’internet est une source intarissable de connaissances et d’informations. Il peut aussi servir d’outil d’apprentissage et de travail permettant de transmettre des connaissances et de faire le point de ses compétences »[2]. La TIC répond au besoin du moment où le génie humain se déploie dans le développement de ces techniques d’informations et de communication. Elle rend le travail plus facile et plus productif dans un laps de temps. « Les médias électroniques et plus particulièrement internet, font partie de la vie de l’être humain sous tous ses aspects. On ne peut plus concevoir le monde du travail sans l’utilisation massive de l’ordinateur »[3].
Néanmoins l’’usage des moyens de communication non réglementé peut engendrer une addiction à l’outil informatique et peut entraîner une ruine progressive du cerveau car ce dernier n’est plus activé. On demande tout à l’intelligence artificielle. On ne fournit plus d’efforts pour cogiter. Tout se fait par l’Intelligence Artificielle. Des enjeux moraux comme la crise de la vérité, le non-respect de la vie privée de la personne humaine, le manque de concentration constituent une entrave à l’éthique des TIC. L’humanité actuelle aura du mal à survivre à sa propre intelligence. L’Intelligence Artificielle remplace la main d’œuvre humaine dans les industries. Son utilisation abusive peut multiplier la méchanceté dans le monde et des conduites immorales dans les hommes et surtout les jeunes. Pour pallier ces défis, il faut une éthique des moyens de communications. Il faut que les gens soient formés et informés sur l’usage adéquat des TIC.
Éthique des TIC
Peut-on parler de la sobriété dans l’usage des TIC? Oui, car les TIC ne sont pas moralement neutres. Elles peuvent influencer notre être, notre manière d’agir et de penser. La maîtrise du monde numérique demande une certaine responsabilité. Cela est possible si notre conscience est formée sur les effets néfastes de son usage inapproprié.Les usagers, en particulier les jeunes , doivent s’entraîner à la modération et à la discipline dans l’usage de ces moyens et chercher en outre à mieux comprendre ce qu’ils voient, entendent et lisent[4] . Les concepteurs de l’Internet devraient être vigilants dans la publication des informations : vérifier si elles édifient la communauté humaine.
L’éthique des TIC exige ainsi la responsabilité des concepteurs, une régularisation des Etats, une éducation numérique des citoyens et la gouvernance internationale. L’intelligence artificielle est le fruit du génie humain mais elle ne remplace pas son concepteur.
[1] CONCILE ŒCUMENIQUE VATICAN II, Décret sur les moyens de communication sociale Inter Mirifica, 4 décembre 1963, n. 5.
[2] A. RUSTEMEYER, Apprentissage en ligne et utilisation des médias modernes dans l’éducation in Revue Education et développement, p 15.
[3] Ibidem.
[4] Cf. Inter Mirifica n.10.
