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Dans la perspective de célébrer la semaine de la langue française et de la francophonie 2025, un concours de création littéraire et d’éloquence a eu lieu dans les enceintes du Grand Séminaire Saint Jean Paul II de Gitega, samedi 28/03/2025 à partir de 14 heures ; organisé par le club RFI Bujumbura autour du thème : « Dis-moi dix mots pour la Planète ». Récit.
Les participants provenaient des quatre institutions dont le Grand Séminaire de Gitega, le Grand Séminaire de Burasira, l’Université de Ngozi et l’East African Leadership Institute (E.A.L.I.) de Muyinga. Chacune était représentée par deux candidats. Notre Grand Séminaire a été représenté par deux Séminaristes à savoir fratri Gabin Irangabiye et fratri Corneille Nshimirimana, tous membres du club Academia Mentoris. Le concours consistait, de fait, à intégrer dix mots en rapport avec planète dans un texte à exposer pendant cinq minutes, après quoi les membres du jury posaient les questions y relatives. Ces dix mots étaient : biome, butiner, canopée, conséconscient, débrousser, empreinte, glaner, palmeraie, solaire et vivant. Voici in extenso les textes présentés par ces deux candidats.
Premier texte par Fr. Gabin Irangabiye : La planète
Le mot planète vient du grec « πλανετης » qui veut dire « errant », Du verbe « πλανάται » qui signifie » se déplacer sans but fixe « . La planète dont il est question ici, c’est la terre qui héberge la vie. Dans un sens métaphorique, la planète est une maison commune, un héritage commun et, elle a besoin de notre protection. A ce niveau, une problématique se pose : Que faire pour protéger notre maison commune, la planète ? Cette question va préoccuper notre exposé.
Nous vivons, en effet, sur un immense biome où chaque être vivant joue un rôle essentiel dans la symphonie de la vie. Sous la canopée, des espèces cohabitent et forment une symphonie d’harmonie. Cela témoigne de la richesse d’un monde que nous avons le devoir de préserver. Nous voyons, par exemple, les abeilles qui passent leur vie à butiner pour nous procurer du miel. Cela doit nous rappeler que même les plus petits acteurs, ici sur la planète, ont un grand rôle à jouer. Nous devons donc les protéger parce que leur futur dépend de notre empreinte écologique intelligente. Leur survie dépend de notre capacité à être conséconscient, à comprendre les conséquences de nos actions, nos choix sur l’environnement.
Concernant la flore, nous assistons à une disparition de certaines plantes dans certaines régions. Pire encore, aujourd’hui la terre ne donne pas encore de rendement voulu comme jadis. Néanmoins, dans le temps d’antan, on pouvait passer dans la nature ou à côté d’une forêt et on glanait les fruits délaissés. Aujourd’hui, cela n’est pas encore le cas. Outre cela, il s’observe, dans les palmeraies, une expansion de la monoculture ; ce qui met en danger les écosystèmes locaux.
Tout cela constitue ce que le Pape François appelle, dans son Encyclique » Laudato si[1] « , la crise écologique « . A ce propos, le Pape met en lumière les problèmes environnementaux tels que le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution et l’épuisement des ressources naturelles. Il invite chacun, croyant ou non, à agir pour préserver la planète, notre maison commune.
Enfin de compte, disons que le vivant, sous toutes ses formes, mérite notre protection. Il faut protéger, autant que faire se peut la faune et la flore. Nous devons débrousser le chemin, éliminer les obstacles pour redonner à la nature la valeur qu’elle mérite : Contre la déforestation, plantons des arbres, contre l’érosion du sol, creusons des courbes de niveau sur les collines et les montagnes, contre la pollution de l’air et de l’atmosphère, optons pour l’utilisation des énergies solaires, contre la pollution de l’eau, menons une lutte car, la crise de la planète, la crise écologique c’est aussi la crise de l’homme et de l’humanité tout entière.
Fr. Gabin Irangabiye exposant son texte
Deuxième texte par Fr. Corneille Nshimirimana : La planète-terre, notre maison commune à protéger
Le système solaire compte neuf planètes. Mais, seule notre planète qu’est la terre a le noble mérite d’abriter les êtres vivants. Elle est belle et vaut de l’or à voir tous ses immenses biomes où s’hébergent la flore et la faune. Personne ne peut ne pas s’émerveiller devant une splendide canopée où même les abeilles viennent butiner, ce qui rend facile et possible le phénomène de la pollinisation. C’est à bon droit que le pape François qualifie la terre comme notre maison commune, causa commune. Hélas, l’homme contemporain armé de sa tecno-science extrême a entrainé une crise écologique sans précédent. Aujourd’hui plus que jamais, la pollution de l’environnement à tous les niveaux guette l’écosystème. De la sorte, l’homme qui s’enivre de son pouvoir technocratique pour détruire la nature finit par se détruire lui-même. Cela étant, par quel enjeu pouvons-nous maintenir l’équilibre de notre planète ? A cette problématique non moins importante, le dialogue anthropo-cosmique[2] se veut être une voie de sortie de cette situation aussi angoissante.
Ce n’est pas un secret, nous sommes à l’aune du paradigme technocratique où se côtoient les industries chimiques, la robotique, les biotechnologies, etc. Ce pouvoir terrible de l’être humain a causé la dégradation de la biodiversité presque à tous les niveaux. Du jamais vu, le sous-sol s’est appauvri jusqu’à la merci de l’ennemi. Les conditions ne sont plus optimales pour une bonne récolte de la palmeraie, la récolte a sensiblement diminué qu’il n’est plus possible de glaner. D’où l’urgence et la nécessité de la réconciliation de l’homme avec le cosmos, ce qui implique le dialogue anthropo-cosmique. Ce dernier tient à mettre à nue la grave responsabilité qui incombe à l’homme. Désormais, l’être humain doit être conséconscient de ses actes posés en pesant aussi bien les avantages que les inconvénients. C’est dans cette même optique que l’homme sera à même de débrousser le terrain en vue de laisser place à la végétation florissante.
En définitive, le dialogue anthropo-cosmique a pour objectif et finalité de rendre le monde vraiment vivant et vivable. Il va sans dire, par conséquent, que tout le monde se doit de s’engager à lutter contre tous les dégâts qui rongent notre maison commune. Autant dire que nous avons à évaluer toujours et partout l’empreinte écologique de nos activités. Cela est d’autant plus vrai que la nature n’est pas seulement objet d’investigation, non plus d’exploitation ; mais aussi et surtout, elle constitue un objet de sollicitude et de contemplation. Par le dialogue anthropo-cosmique, la nature sera hominisée et l’homme, naturalisé. Ce qui n’est pas une entreprise d’une seule journée mais plutôt une lutte de toute la vie !
Fr. Corneille Nshimirimana présentant son texte
Vous saurez que d’après les résultats proclamés par le président du jury, ces deux candidats ont occupé la première et la troisième place. Des prix leur ont été décernés en guise d’encouragement. C’était fantastique!
[1] Lettre Encyclique, « Laudato Si »sur la sauvegarde de la maison commune, paru le 24 Mai 2015
[2]CF. J. M. Aubert, La philosophie de la nature, Ed. Cerf, Paris 1980, 265.


